vendredi, mai 23

"John Rambo" de Sylvester Stallone + "Taken" de Pierre Morel





Ca burne sec dans les rangs de l'entertainment et dans les salles obscures françaises en ce début d'année. Les papys sortent de leur retraite et cassent du méchant pas beau (étranger, de préférence) dans tous les sens. Que ce soit notre étalon italien préféré ou le papa qu'on aurait tous voulu avoir, Liam "Michael Collins" Neeson.
John Rambo contre Taken, Mathieu Rostac tire dans le tas et compte les morts.

John Rambo

Après un come-back relativement réussi avec Rocky Balboa, Sly rempile pour un autre rôle qui a forgé sa stature hollywoodo-testostéronée, celui de John Rambo. Pour le plus grand bonheur des aficionados du cinéma d'action et pour le plus grand vomi des âmes sensibles... Rambo s'est rangé des jeeps et coule paisiblement ses jours de retraité à la frontière thaïlandaise en capturant des serpents, alors qu'une guerre civile déchire la Birmanie voisine.
C'est dans ce contexte tendu qu'une bande de cons utopistes qu'on appellera "convoi humanitaire américain" décide d'aider les pauvres birmans décimés par milliers. Dans une extraordinaire facilité de scénario, le convoi se fait capturer et Rambo part les sauver, accompagné d'une bande de mercenaires meltin'pot comme on les aime Outre-Atlantique. Attention, ce film est d'une violence inouïe, rarement égalée dans le cinéma mondial. Le suggéré, très peu pour ce film on l'on peut voir des prêtres américains exploser littéralement à coup de mortier, ou des enfants tués sauvagement à la baïonnette en gros, voire très gros plan. Stallone tue l'équivalent d'un Stade de France plein à craquer à lui tout seul. Et tout cela dans une mise en scène frôlant l'attentat filmique. Loin d'être mauvaise en soi, mais qui se rapproche plus de celle d'un épisode de The Shield (dans l'air du temps) que des précédents Rambo.
Efficacité garantie donc.
Là où le film de pure action garde de sa consistance également, c'est que contrairement aux autres suites du très bon Rambo initial, ce quatrième tome exploite le filon original du personnage perdu, traumatisé par la guerre. Il s'est installé en Thaïlande par défaut, là où personne ne l'ennuierait. Il sait qu'il a la guerre dans le sang, qu'il ne sait rien faire d'autre, mais pour autant, il a toujours du mal à l'accepter. Comme si la violence graphique du film justifiait les actes cathartiques de ce soldat refoulé. Indéniablement, l'un des plus grands "freak" que le cinéma d'action ait connu.


John Rambo

De Sylvester Stallone
Sortie le 6 février 2008
avec Sylvester Stallone, Julie Benz(Benz, Benz!), Paul Schulze et Matthew Marsden


Taken
Une production Europacorp reste une production Europacorp, il ne faut pas trop en demander. Encore plus si cette production est scénarisée par le nabab du cinéma français, Luc Besson. Il n'en demeure pas moins que ce film reste un produit efficace, sans nul doute l'un des meilleurs films qu'aient pu produire Dr Luc & Mr Besson, même si comme toujours, le clou n'est enfoncé qu'à moitié. Brian Miles, homme au passé obscur, vient d'emménager à Los Angeles pour se rapprocher de sa fille. Et comme un papa, aussi prévoyant soit-il, ne peut rien refuser à sa fille, il accepte de la laisser partir en France. Les voyages forment la jeunesse. Sauf qu'une fois arrivée à Paris, la gentille petite fille est enlevée par des méchants immigrés slaves. Papa se vengera, parce que Papa aime sa fille et se trouve être un ancien chevronné de la CIA.
On peut avoir peur lorsqu'on lit ce pitch plus que subjectif, mais il se trouve que finalement, ce film reste un bon moment à passer si l'on veut voir du nez pété et de la clé de bras. Liam Neeson, étonnant dans ce rôle quasi-vigilante, sait où il veut en venir et surtout où il va. Pas d'erreurs, pas de déchets, pas le temps pour ça. Beaucoup de sales gueules, méchamment orientales : albanais, arabes et même suisses (des méchants suisses, c'est possible?). Cerise sur le gâteau, il y a un même un cheick!
Beaucoup de manchettes, de têtes éclatées contre tout objet un tant soit dur, beaucoup d'étonnants clichés français : des monuments, des baguettes de pain, des policiers mous du genou ou corrompus, des Jean-Claude et des Jean-Luc...
Ca mouche rouge et ça n'a pas d'autre prétention.
Au-delà d'être trop critique avec ce film, il faut avouer que l'on passe un bon moment sur son siège moletonné, si tant est que l'on accepte la caméra branlante et le montage vomitif. On déplorera juste que, comme dans beaucoup de productions d'action Europacorp, ça manque cruellement de violence assumée. Comme pour Danny the Dog, on a de la violence, de l'action pure et dure, mais il manque cette volonté de montrer du sang, de la chique et du molard qui aurait pu faire basculer ce film dans le panthéon des films de vigilante respectables. Et Dieu sait qu'ils sont rares...
Néanmoins, on peut affirmer que l'on tient là le "bon" film Europacorp des cinq prochaines années, même si on est encore très loin des exceptions
Trois Enterrements et Haute Tension. Alors si vous voyez écrit Luc Besson sur l'affiche, n'y allez pas : Liam Neeson a déjà fait le job...

Taken

De Pierre Morel
Sortie le 27 février 2008
avec Liam Neeson, Leland Orser, Xander Berkeley et un trio de femmes qui ne servent à rien : Famke Janssen, Maggie Grace et Holly Valance

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