mercredi, décembre 5

Ciné-Club : Cinetic et son alter-cinéma

Il y a cinéma et cinéma. C'est comme les huîtres, les brésiliens au foot, les sacs Vuitton et la musique : parfois, la forme est ressemblante et peut tromper son monde, mais le fond manque cruellement de consistance, jusqu'à frôler l'arnaque pure et simple. Cinéma et cinéma donc. On aura applaudi des deux mains la contribution au 7e art de Supergrave, des 23 Scary Movie et de Mickaël Youn. Et le tout pour des entrées qui grimpent sans aucune honte pour tutoyer les 10 euros, hors pop-corn, accessoire obligé du nouveau cinéma qui tache. Mais si on se retrouve un jour face à un vrai chef d'oeuvre, le constat est là, cru et déchirant. On nous aurait menti ? L'Utopia nous avait remis le pied à l'étrier, et le cinéma et moi, on s'était reparlé, nous gargarisant de notre complicité retrouvée et de nos vieilles anecdotes communes. L'association Cinetic, une association étudiante de cinéphiles, se propose de continuer à creuser cette veine, et installe son ciné-club entre la Maison des Arts (Université Bordeaux 3) et le cinéma Jean Vigo (près de la place Gambetta). Deux ambiances loin du pop-corn et du calcul du ratio de rentabilité coût de production/ entrées en salle. Un goût d'alter-cinéma en quelque sorte.

Pour en savoir plus sur l'excellente programmation du ciné-club, retrouvez Cinétic sur leur My Space ou sur leur site web





En décembre



THE CONNECTION
(USA, 1961, 1h30, de Shirley Clarke)
La vie de cinq junkies dans un squat sordide de New-York. Film engagé, avec une volonté de réalisme et loin des fards du cinéma de studio hollywoodien : il livre un portrait de cette jeunesse désoeuvrée, s'inscrivant dans la lignée du cinéma indépendant américain des années 60.
Séance le 4 décembre au Jean Vigo, 20h15, 3 euros, gratuit pour les étudiants



LE LIMIER (SLEUTH)
(GB, 1972, 2h18, de Joseph L. Mankiewicz, premier film du cycle "Manipulations")
Andrew Wyke, un écrivain distingué, invite dans son manoir un jeune parvenu italien, accessoirement amant de la femme de Mr Wyke : compromis à cette fâcheuse situation ou jeu cynique et psychologique? Mankiewicz livre un huis clos étouffant, étourdissant et hallucinant, où la précision du décor et des répliques assassines se dispute à un scénario brillant et imprévisible.
Séance le 11 décembre à la Maison des Arts (Talence), 18h, gratuit pour tout le monde.



L'INVRAISEMBLABLE VERITE (BEYOND A REASONABLE DOUBT)
(USA, 1956, 1h20, de Fritz Lang, second film du cycle "Manipulations")
Deux hommes mettent au point un plan complexe pour militer contre la peine de mort. Pendant que l'un sera accusé du meurtre d'une jeune femme par de nombreux indices, l'autre gardera les preuves de son innocence... mais l'homme qui détient les preuves meurt. Fritz Lang, après avoir fui l'Allemagne, mène une brillante carrière aux USA en proposant des films de suspense, thrillers et autres polars avec pour thème central le "faux coupable", qui feront de lui l'alter ego d'Alfred Hitchcock.
Séance le 18 décembre au Jean Vigo, 20h15, 3 euros, gratuit pour les étudiants.

On peut remercier Arnaud d'Armagnac, chroniqueur de 33 Tours pour ce joli petit papier qu'il a fait pour l'association de cinéma dont je fais partie.

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