
Parce que le cinéma ne devrait jamais être cette bouse infâme vouée au culte de l'entertainment ou un alter-ego engoncé dans les méandres d'un élitisme lénifiant, nous vous proposons désormais avec cette nouvelle rubrique de le découvrir différement. Vous pourrez ainsi briller en société sans aucun souci. Et puis, un peu d'humour, même le plus mauvais, n'a jamais fait de mal à personne...
Leçon N°1 : le Nouveau Cinéma Hollywoodien
Afin de commencer doucement, mais sûrement, pourquoi ne pas s'attaquer à un mouvement aussi efficace qu'important dans le cinéma "moderne"? Car c'est grâce à nos sujets d'aujourd'hui que le cinéma contemporain est en partie ce qu'il est. Nous parlerons donc du "Nouveau Cinéma Hollywoodien", qui a vu émerger l'une des plus grande générations de cinéastes de tous les temps, dont la plupart sont toujours en activité. Autrement dit, la période qui s'est étalonné durant la totalité des années 70 (voire un peu plus), où l'arrivée fracassante d'ambitieux réalisateurs redynamisa un cinéma hollywoodien quasi-grabataire. Le succès d'un film novateur comme Easy Rider (1969) a ouvert les portes des studios à de jeunes auteurs plein de verve, nantis d'une indéniable liberté crétrice. Au-delà du fait qu'ils avaient pour point commun d'annoncer une nouvelle façon d'envisager le cinéma (c'était la mode en Europ et en Asie, ils ont donc... fait pareil), une autre chose les unissait aussi fièrement: la barbe! Les Scorsese, Coppolla, Spielberg et consorts avaient donc créé le mouvement des "barbus" (dont on parle toujours en Asie Mineure). Le cinéma jouera donc dans notre démonstration le personnage de Blanche-Neige, laissant le beau rôle des sept nains à nos chers amis...
PROF : Martin Scorsese
Même s'il a désormais opté pour un classique complet de réalisateur banalo-classieux hollywoodien (bedaine, poivre-sel, et mauvais choix filmographiques), Martin Scorsese avait à l'époque le plus beau port de barbe de toute la côte ouest américaine, qui lui a guaranti longtemps une certaine continuité ainsi qu'un remarquable talent dans la maîtrise de la cinématographie.
Principales oeuvres : Mean Streets, Taxi Driver, Raging Bull
Thématiques : Ses personnages, souvent faibles, névrosés ou trop confiants, font de Scorsese le cinéaste de la "chute". Une chute violente, mais nécessaire. Ajoutez-y des accents mystiques et religieux (il est tout de même d'origine italienne!) et l'on ne tarde pas à appeller ça la rédemption.
Particularités : Un scénario souvent limpide (collaboration avec Paul Schrader), des cadres à hauteur d'homme, très serrés, et une certaine innovation dans le montage (Thelma Schoonmaker).
Anecdote : A réalisé le clip de Bad pour Michael Jackson. No comment...
ATCHOUM : Brian De Palma
De Palma a-t-il souvent le nez pris? Excellente question, mais ce dont on peut être sûr, c'est qu'il a fait beaucoup de conneries. Ce qui malheureusement prend souvent le pas sur une autre partie plus que louable de sa filmographie. Filmographie qui a d'ailleurs très mal vieillie, démontrant bien que De Palma est ce cinéaste de "l'air du temps", celui qui nous échappe fatalement quand on approche dangeureusement de la soixantaine.
Principales oeuvres : Phantom of Paradise, Carrie au Bal du Diable, Scarface
Thématiques : Un autre fils d'immigrés italiens, ce qui peut justifier la notion de différence dont font état la majorité des films de De Palma. Différence physique, morale, ethnique, tous ses personnages bénéficent d'un isolement propice à une explosion. Le voyeurisme aussi alimente le cinéma de De Palma, même si il est souvent bien moins vicieux que ceux de Verhoeven ou Deodato.
Particularités : De Palma semble avoir tout donné dans la mise en scène, et les scénarios laissant parfois à désirer. On lui pardonnera. Remakeur/pasticheur forcené, appuyé par de longs plans-séquences orchéstrés et majestueux, il nous tartine d'un cinéma référentiel qui fait de lui le père spirituel de cette sale éponge de Tarantino.
Anecdote : Son goût pour le voyeurisme lui est venu durant son enfance. Sa mère doutant de la fidélité de son père, le petit Brian a voulu lui prouver le contraire, muni d'un equipement filmique.
GRINCHEUX : William Friedkin
Le seul sans barbe. De là à dire qu'il est grincheux pour cela il n'y a qu'un pas... que nous ne franchirons pas. Dommage.
Principales oeuvres : The French Connection, L'Exorciste, Cruising
Thématiques : La perte de la foi, une fillette possédée par le Diable, une justice suicidaire et expéditive, l'argent contre la mort... Le cinéma de Friedkin est celui de la violence, du désoeuvrement et de l'amoralité.
Particularités : Hormis les sempiternelles courses-poursuites en voiture qui ont fait sa renommée, la filmographie de Friedkin est ponctuée de décors baroques et briqués, de vestiges du film noir, de lumières quasi-expressionnistes, saccadées par un rythme et un cadre "réalistes".
Anecdote : Tirait en l'air une balle de Magnum 357 au lieu de dire "action", pour lancer les scènes sur le tournage de L'Exorciste. Ellen Burnstyn devait rentrer dans son rôle...
SIMPLET : George Lucas
George Lucas fait partie des barbus mais, n'ayons pas peur de le dire, c'est un con. Il a vu une étoile, puis deux, un film de Kurosawa, et a décidé que ce serait l'oeuvre de sa vie. Qu'il protègera d'ailleurs à grands renforts de contrats exclusifs et juteux, toujours bien markettés. Certes, il a influencé et marqué des générations entières de personnes dans le monde, mais Abba ou Boney M aussi...
Principales oeuvres : THX1138, American Graffiti, Star Wars
Thématiques : Pas de thématique, que du fric (parce que Le fric, c'est Chic?) On peut tout de même trouver dans les films de Lucas un thème récurrent de filiation et de passage à l'âge adulte. Comme dans à peu près la totalité des films américains, certes, mais là, on ne voit que ça.
Particularités : Des voitures ou des vaisseaux spatiaux. Des belles gueules gentilles contre des méchantes burinées. Des prouesses en matière d'effets spéciaux...
Anecdote : Le son THX, que l'on a coutume d'entendre au cinema, a en fait été créé par George Lucas himself, d'où le nom THX(1138).
DORMEUR : Francis Ford Coppolla
"Le dormeur doit se réveiller", écrivait Herbert. Maxime qui s'accorde parfaitement à Francis Ford Coppolla. Après avoir livré trois des plus grands films américains de tout le temps (et ce, en l'espace de sept ans), Coppolla a fini par se diriger inexorablement vers des films moins convaincants, pour finir par virer cinéaste malencontreux se reposant sur ses lauriers (Jack, en 1996, ouch). Son improbable fille commence même à le faire oublier auprès des jeunes générations, c'est dire...
Principales oeuvres : Le Parrain I & II, Apocalypse Now
Thématiques : Comme Scorsese, la chute : celles des humains qui ont voulu devenir plus que ce qu'ils n'étaient. Et comme Lucas, le thème de la filiation, de la famille.
Particularités : Adepte d'un cinéma majestueux, il dépeint de véritables fresques avec un rythme lent, des cadres minutieux et des éclairages proches du Caravage. Une maîtrise filmique qui jure avec le chaos ambiant des tournages.
Anecdotes: A déclaré au sujet d'Apocalypse Now : "à la fin du tournage, nous ne tournions plus. C'était la jungle qui faisait le film." Un jour, j'irais en Thaïlande.
TIMIDE : Terrence Malick
Timide parce que trop rare. Quatre films en l'espace de 35 ans, accompagnés d'une invisibilité prestidigitatrice. Aux phares de Hollywood, il préfère souvent ceux de la Bretagne.
Principales oeuvres : La Ballade Sauvage, Les Moissons du Ciel, La Ligne Rouge
Thématiques : Il représente le plus grand précepte américain, la liberté, d'une manière particulière : à travers les différentes périodes qui ont bâti l'Amérique (découverte de la Géorgie, Guerre du Pacifique...), les personnages de Malick sont tous des insaisissables, des hommes épris de liberté et sans attaches.
Particularités : Cinéaste contemplatif par excellence, il s'approche des maîtres Kurosawa et Tarkovski avec ses superbes plans de nature insouciante, alliés à un récit et une narration destructurés par des pensées philosophiques et sauvages.
Anecdote : Durant dix-sept ans, a disparu de la surface de la Terre. Personne ne savait où il se trouvait, y compris sa femme. Soi-disant, en France...
JOYEUX : Steven Spielberg
Parce que s'il y en a bien qui se doit d'être content, c'est bien lui. Contrairement à ses camarades pileux, il peut se vanter d'être resté le seul à flot durant ses 30 ans de carrière. Aucune traversée du désert (ou si peu), Steven a toujours su garder sa liberté créatrice au sein des majors, a même créé sa propre boîte de production/pompe à fric en cas de souci. Même son divorce, prétendu le plus cher de tous le temps (100 millionsde dollars), l'a fait sourire.
Principales oeuvres : Duel, Les Dents de la Mer, Indiana Jones
Thématiques : La peur inconsciente et collective imprégne la plupart des films de Spielberg, qu'elle soit dûe à un animal dangereux, des terroristes, des conspirations ou des extraterrestres. A travers ses films, Spielberg démonte les rouages d'un monde qui trop souvent nous dépasse et nous submerge.
Particularités : Mise en scène efficace, souvent empreinte de technologie et d'innovation (le zoom compensé sur Roy Scheider, quel génie), qui a toujours fait de lui un cinéaste "à la mode".
Anecdote : C'est à la suite d'un incident technique sur l'animatronic du requin durant Jaws que Spielberg a décidé de créer ce qui a fait la force de son film : le suggéré. Le hors-champ, la caméra subjective appuyée par la bande-son de John Williams, tout ça donne un climat de tension du début jusqu'au dernier plan. Allez, une deuxième, parce qu'elle est tellement drôle: un des plus grands fans de Spielberg voulait s'introduire chez lui, ligoter sa femme et le violer (pas le voler, hein!) Manque de chance, ce soir-là, il n'y avait que les gardiens...
Et pour finir...
Ils n'étaient pas que sept bien sûr, d'autres réalisateurs influents auraient fait de beaux nains chez Walt Disney si ce cher monsieur avait daigné en inventer plus. On aurait pu y trouver le nain "Névrosé", Paul Schrader, brimé par une étude trop approfondie de la religion qui lui valut d'importants abus de drogues. Ou encore le nain "Compris" Michael Cimino, qui à lui seul a coulé deux maisons de production, fait essentiellement des films fresquo-conceptuels de plus de trois heures, et qui vingt ans plus tard est considéré comme l'un des plus grands cinéastes du monde. Et l'on ne vous parle pas de John Boorman ou Robert Altman...Néanmoins, ce nombre incommensurable de réalisateurs qui ont révolutionné le cinéma à leur manière, sont désormais pour la plupart en proie à une complaisance cinématographique déconcertante. On peut se demander ce qui a poussé ces génies à se transformer en une bande de mauvais réalisateurs, amenés à jouer les mêmes rôles qu'une nouvelle génération de cinéastes qui eux, n'ont rien inventé. Comme quoi... une révolution n'est-elle pas faite pour disparaître?
Afin de commencer doucement, mais sûrement, pourquoi ne pas s'attaquer à un mouvement aussi efficace qu'important dans le cinéma "moderne"? Car c'est grâce à nos sujets d'aujourd'hui que le cinéma contemporain est en partie ce qu'il est. Nous parlerons donc du "Nouveau Cinéma Hollywoodien", qui a vu émerger l'une des plus grande générations de cinéastes de tous les temps, dont la plupart sont toujours en activité. Autrement dit, la période qui s'est étalonné durant la totalité des années 70 (voire un peu plus), où l'arrivée fracassante d'ambitieux réalisateurs redynamisa un cinéma hollywoodien quasi-grabataire. Le succès d'un film novateur comme Easy Rider (1969) a ouvert les portes des studios à de jeunes auteurs plein de verve, nantis d'une indéniable liberté crétrice. Au-delà du fait qu'ils avaient pour point commun d'annoncer une nouvelle façon d'envisager le cinéma (c'était la mode en Europ et en Asie, ils ont donc... fait pareil), une autre chose les unissait aussi fièrement: la barbe! Les Scorsese, Coppolla, Spielberg et consorts avaient donc créé le mouvement des "barbus" (dont on parle toujours en Asie Mineure). Le cinéma jouera donc dans notre démonstration le personnage de Blanche-Neige, laissant le beau rôle des sept nains à nos chers amis...
PROF : Martin ScorseseMême s'il a désormais opté pour un classique complet de réalisateur banalo-classieux hollywoodien (bedaine, poivre-sel, et mauvais choix filmographiques), Martin Scorsese avait à l'époque le plus beau port de barbe de toute la côte ouest américaine, qui lui a guaranti longtemps une certaine continuité ainsi qu'un remarquable talent dans la maîtrise de la cinématographie.
Principales oeuvres : Mean Streets, Taxi Driver, Raging Bull
Thématiques : Ses personnages, souvent faibles, névrosés ou trop confiants, font de Scorsese le cinéaste de la "chute". Une chute violente, mais nécessaire. Ajoutez-y des accents mystiques et religieux (il est tout de même d'origine italienne!) et l'on ne tarde pas à appeller ça la rédemption.
Particularités : Un scénario souvent limpide (collaboration avec Paul Schrader), des cadres à hauteur d'homme, très serrés, et une certaine innovation dans le montage (Thelma Schoonmaker).
Anecdote : A réalisé le clip de Bad pour Michael Jackson. No comment...
ATCHOUM : Brian De PalmaDe Palma a-t-il souvent le nez pris? Excellente question, mais ce dont on peut être sûr, c'est qu'il a fait beaucoup de conneries. Ce qui malheureusement prend souvent le pas sur une autre partie plus que louable de sa filmographie. Filmographie qui a d'ailleurs très mal vieillie, démontrant bien que De Palma est ce cinéaste de "l'air du temps", celui qui nous échappe fatalement quand on approche dangeureusement de la soixantaine.
Principales oeuvres : Phantom of Paradise, Carrie au Bal du Diable, Scarface
Thématiques : Un autre fils d'immigrés italiens, ce qui peut justifier la notion de différence dont font état la majorité des films de De Palma. Différence physique, morale, ethnique, tous ses personnages bénéficent d'un isolement propice à une explosion. Le voyeurisme aussi alimente le cinéma de De Palma, même si il est souvent bien moins vicieux que ceux de Verhoeven ou Deodato.
Particularités : De Palma semble avoir tout donné dans la mise en scène, et les scénarios laissant parfois à désirer. On lui pardonnera. Remakeur/pasticheur forcené, appuyé par de longs plans-séquences orchéstrés et majestueux, il nous tartine d'un cinéma référentiel qui fait de lui le père spirituel de cette sale éponge de Tarantino.
Anecdote : Son goût pour le voyeurisme lui est venu durant son enfance. Sa mère doutant de la fidélité de son père, le petit Brian a voulu lui prouver le contraire, muni d'un equipement filmique.
GRINCHEUX : William FriedkinLe seul sans barbe. De là à dire qu'il est grincheux pour cela il n'y a qu'un pas... que nous ne franchirons pas. Dommage.
Principales oeuvres : The French Connection, L'Exorciste, Cruising
Thématiques : La perte de la foi, une fillette possédée par le Diable, une justice suicidaire et expéditive, l'argent contre la mort... Le cinéma de Friedkin est celui de la violence, du désoeuvrement et de l'amoralité.
Particularités : Hormis les sempiternelles courses-poursuites en voiture qui ont fait sa renommée, la filmographie de Friedkin est ponctuée de décors baroques et briqués, de vestiges du film noir, de lumières quasi-expressionnistes, saccadées par un rythme et un cadre "réalistes".
Anecdote : Tirait en l'air une balle de Magnum 357 au lieu de dire "action", pour lancer les scènes sur le tournage de L'Exorciste. Ellen Burnstyn devait rentrer dans son rôle...
SIMPLET : George LucasGeorge Lucas fait partie des barbus mais, n'ayons pas peur de le dire, c'est un con. Il a vu une étoile, puis deux, un film de Kurosawa, et a décidé que ce serait l'oeuvre de sa vie. Qu'il protègera d'ailleurs à grands renforts de contrats exclusifs et juteux, toujours bien markettés. Certes, il a influencé et marqué des générations entières de personnes dans le monde, mais Abba ou Boney M aussi...
Principales oeuvres : THX1138, American Graffiti, Star Wars
Thématiques : Pas de thématique, que du fric (parce que Le fric, c'est Chic?) On peut tout de même trouver dans les films de Lucas un thème récurrent de filiation et de passage à l'âge adulte. Comme dans à peu près la totalité des films américains, certes, mais là, on ne voit que ça.
Particularités : Des voitures ou des vaisseaux spatiaux. Des belles gueules gentilles contre des méchantes burinées. Des prouesses en matière d'effets spéciaux...
Anecdote : Le son THX, que l'on a coutume d'entendre au cinema, a en fait été créé par George Lucas himself, d'où le nom THX(1138).
DORMEUR : Francis Ford Coppolla"Le dormeur doit se réveiller", écrivait Herbert. Maxime qui s'accorde parfaitement à Francis Ford Coppolla. Après avoir livré trois des plus grands films américains de tout le temps (et ce, en l'espace de sept ans), Coppolla a fini par se diriger inexorablement vers des films moins convaincants, pour finir par virer cinéaste malencontreux se reposant sur ses lauriers (Jack, en 1996, ouch). Son improbable fille commence même à le faire oublier auprès des jeunes générations, c'est dire...
Principales oeuvres : Le Parrain I & II, Apocalypse Now
Thématiques : Comme Scorsese, la chute : celles des humains qui ont voulu devenir plus que ce qu'ils n'étaient. Et comme Lucas, le thème de la filiation, de la famille.
Particularités : Adepte d'un cinéma majestueux, il dépeint de véritables fresques avec un rythme lent, des cadres minutieux et des éclairages proches du Caravage. Une maîtrise filmique qui jure avec le chaos ambiant des tournages.
Anecdotes: A déclaré au sujet d'Apocalypse Now : "à la fin du tournage, nous ne tournions plus. C'était la jungle qui faisait le film." Un jour, j'irais en Thaïlande.
TIMIDE : Terrence MalickTimide parce que trop rare. Quatre films en l'espace de 35 ans, accompagnés d'une invisibilité prestidigitatrice. Aux phares de Hollywood, il préfère souvent ceux de la Bretagne.
Principales oeuvres : La Ballade Sauvage, Les Moissons du Ciel, La Ligne Rouge
Thématiques : Il représente le plus grand précepte américain, la liberté, d'une manière particulière : à travers les différentes périodes qui ont bâti l'Amérique (découverte de la Géorgie, Guerre du Pacifique...), les personnages de Malick sont tous des insaisissables, des hommes épris de liberté et sans attaches.
Particularités : Cinéaste contemplatif par excellence, il s'approche des maîtres Kurosawa et Tarkovski avec ses superbes plans de nature insouciante, alliés à un récit et une narration destructurés par des pensées philosophiques et sauvages.
Anecdote : Durant dix-sept ans, a disparu de la surface de la Terre. Personne ne savait où il se trouvait, y compris sa femme. Soi-disant, en France...
JOYEUX : Steven SpielbergParce que s'il y en a bien qui se doit d'être content, c'est bien lui. Contrairement à ses camarades pileux, il peut se vanter d'être resté le seul à flot durant ses 30 ans de carrière. Aucune traversée du désert (ou si peu), Steven a toujours su garder sa liberté créatrice au sein des majors, a même créé sa propre boîte de production/pompe à fric en cas de souci. Même son divorce, prétendu le plus cher de tous le temps (100 millionsde dollars), l'a fait sourire.
Principales oeuvres : Duel, Les Dents de la Mer, Indiana Jones
Thématiques : La peur inconsciente et collective imprégne la plupart des films de Spielberg, qu'elle soit dûe à un animal dangereux, des terroristes, des conspirations ou des extraterrestres. A travers ses films, Spielberg démonte les rouages d'un monde qui trop souvent nous dépasse et nous submerge.
Particularités : Mise en scène efficace, souvent empreinte de technologie et d'innovation (le zoom compensé sur Roy Scheider, quel génie), qui a toujours fait de lui un cinéaste "à la mode".
Anecdote : C'est à la suite d'un incident technique sur l'animatronic du requin durant Jaws que Spielberg a décidé de créer ce qui a fait la force de son film : le suggéré. Le hors-champ, la caméra subjective appuyée par la bande-son de John Williams, tout ça donne un climat de tension du début jusqu'au dernier plan. Allez, une deuxième, parce qu'elle est tellement drôle: un des plus grands fans de Spielberg voulait s'introduire chez lui, ligoter sa femme et le violer (pas le voler, hein!) Manque de chance, ce soir-là, il n'y avait que les gardiens...
Et pour finir...
Ils n'étaient pas que sept bien sûr, d'autres réalisateurs influents auraient fait de beaux nains chez Walt Disney si ce cher monsieur avait daigné en inventer plus. On aurait pu y trouver le nain "Névrosé", Paul Schrader, brimé par une étude trop approfondie de la religion qui lui valut d'importants abus de drogues. Ou encore le nain "Compris" Michael Cimino, qui à lui seul a coulé deux maisons de production, fait essentiellement des films fresquo-conceptuels de plus de trois heures, et qui vingt ans plus tard est considéré comme l'un des plus grands cinéastes du monde. Et l'on ne vous parle pas de John Boorman ou Robert Altman...Néanmoins, ce nombre incommensurable de réalisateurs qui ont révolutionné le cinéma à leur manière, sont désormais pour la plupart en proie à une complaisance cinématographique déconcertante. On peut se demander ce qui a poussé ces génies à se transformer en une bande de mauvais réalisateurs, amenés à jouer les mêmes rôles qu'une nouvelle génération de cinéastes qui eux, n'ont rien inventé. Comme quoi... une révolution n'est-elle pas faite pour disparaître?
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